LES ALICAMENTS
De la contraction d’aliment et de médicament, l'alicament est une denrée comestible artificiellement enrichie en nutriments divers, tel le lait ou les céréales auxquels on rajoute des vitamines lors du conditionnement.
  Cette page est destinée à vous informer sur la qualité nutritionnelle des aliments, la place qu'ils doivent occuper dans notre alimentation. Si vous désirez connaître un aliment en particulier, ou si vous avez des questions concernant l'alimentation en général, laissez-nous vos suggestions, elles pourront faire l'objet d'un prochain dossier
Notre diététicienne :
Hélène Crespin
L’alicament est un produit alimentaire n’ayant pas les caractères d’un médicament et présenté comme ayant des propriétés particulières concernant la santé, ou convenant à certains régimes, ou adapté à une population précise (enfants en bas âge).
Soit la composition est adaptée à un objectif nutritionnel affiché.
Soit il est destiné à des consommateurs spécifiques.
 Historique  
1970 apparition des différents régimes pour avoir un corps svelte.
1980
vague des produits allégés de toutes sortes : matières grasses, caféine, sucre, alcool, sel...
1990
valorisation des profils nutritionnels, essor des produits enrichis (fibres, vitamines, minéraux, protéines, oméga3...)
1995
alicament
 Les allégations nutritionnelles  
Les allégations concernant la nutrition et la santé sont soumises à une règle communautaire. Il est interdit d’apposer sur l’étiquette de produits alimentaires, toute mention ou allégation faisant état de propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine ou évoquant ces propriétés.
La réglementation ne prévoit pas l’addition des substances nutritives dans des aliments destinés à l‘alimentation courante. Seule la restauration en vitamines est admise sous certaines conditions.
Ces ajouts ne sont autorisés que pour des aliments destinés à une alimentation particulière. Par exemple : les céréales du petit déjeuner destinés aux enfants.
 
  Deux types d’allégations sont envisageables :  
Aider à réduire un risque de certaines pathologies.
Faciliter ou améliorer une fonction physiologique.
L’emploi du terme " allégé " sur l’étiquette d’un produit alimentaire est précisée depuis 1981.
L’utilisation du terme "allégé" doit être considérée comme une allégation nutritionnelle relative à la réduction d’un nutriment présent dans un produit alimentaire.
Aucune indication relative à l’amaigrissement n’est admise.
L’allégement ne doit pas modifier fondamentalement le produit de base.
L’utilisation du terme "allégé" doit être complétée par l’indication de la nature du ou des constituants dont la teneur a été diminuée par rapport à un produit de référence. L’indication en pourcentage de la réduction du constituant doit être précisée.
L’utilisation du terme allégé ne peut donc convenir qu’à un produit courant, tous les produits diététiques, de régime hypocalorique et autres sont donc exclus.
Pour de tels produits on utilisera le terme de " à teneur en glucides ou en lipides réduite "
Les autres qualificatifs « léger », « basse calories », « ligne » » n’ont pas de définitions et sont donc utilisés à tors et à travers. Pour cela il faut bien lire les étiquettes des produits alimentaires.
 L’alicament : meilleur pour la santé ?  
Actuellement, presque un produit alimentaire sur quatre lancé sur le marché l’est avec un argument santé.
Pourquoi? Cela permet de vendre plus et plus cher.
Et pour certains produits allégés comme par exemple en lipides, le prix est plus élevé que les produits courants et cela à cause du coût de fabrication ,alors que le consommateur paie « l’eau » au prix de la matière grasse (fromage, margarine).
Le rapport qualité prix est discutable,  mieux vaut manger un peu de fromage de bonne qualité et avec plaisir, et ne pas tomber dans le piège d'une consommation excessive du faite que le produit soit allégé.
Les rayons des supermarchés ressemblent plus en plus à des pharmacies.
La forme des produits est déjà étudiée pour faire penser à une petite potion magique, une dose de remède ou à un médicament.
Le terme d’alicament est un terme abusif, parce que l'on prête à ces produits une valeur préventive, et non pas thérapeutique.. Le terme aliment fonctionnel serait préférable.
 Les exemples  
La margarine qui s'affiche être pour une alimentation "spécifique" lors de taux de cholestérol légèrement élevé. Si on veut baisser son taux de cholestérol, la première chose à faire est de baisser sa consommation de graisses (pâtisseries, plats en sauces, mayonnaises et autres sauces, l’alcool), d'avoir une alimentation équilibrée, et de faire de l'exercice physique, Mais ce n'est pas en mangeant un produit que l'on va baisser son taux de cholestérol.
Sur le marché, on trouve également les œufs enrichis en acides gras Oméga 3. Mais pourquoi les associer aux œufs? Pourquoi ne pas manger du poisson, puisque l'on trouve des Oméga 3 dans le poisson?
Il faudrait donc probablement abuser de ces préparations additionnées de vitamines et y ajouter encore des comprimés de vitamines, pour se trouver dans les zones dangereuses. "A dose dépassant largement les doses nécessaires dans l'alimentation, la vitamine A provoque des troubles, des symptômes, des atteintes cutanées, des atteintes des muqueuses", il n’existe encore aucun texte précis.
Théoriquement, les aliments fonctionnels ne devraient porter aucune mention leur attribuant des propriétés en matière de prévention, de traitement ou de guérison.
Dans la réalité, ce n’est pas si simple. Certaines publicités font très clairement allusion à la prévention. L'astuce, pour le fabricant, est d’être futé et de ne pas nommer la maladie, mais de seulement la suggérer.
En fait, l'alimentation est très complexe. Quand on mange des fruits ou des légumes, on ne mange pas seulement de la vitamine A ou de la vitamine E, mais toute une série de vitamines, minéraux et autres éléments qui, ensemble, peuvent avoir un effet. Si on isole un de ces composants, l'effet sera peut-être différent.
 Qu’en penser ?  
Manger des aliments simples et variés tout en gardant un équilibre alimentaire associé à une activité physique régulière (30 minutes de marches par jour minimum) est la meilleure prévention plutôt que de se gaver de comprimés ou de produits enrichis ou allégés.
Les alicaments se sont facilement implantés sur le marché français depuis une dizaine d'années.
Le lait a pris du zinc et du magnésium, les œufs des acides gras. Les céréales se sont vues adjoindre des vitamines et les jus de fruits des vitamines et minéraux ! Quand au sucre, le voilà passé aux fibres…
Parfois plus riches en sucre ou en graisse que d'autre aliments de même catégorie, les alicaments conduisent même les consommateurs à ne pas toujours se faire le bien qu'ils croient. Par exemple, le chocolat dit « light » est en effet sans sucre mais la teneur en graisse est deux fois plus élevée qu’un chocolat normal.
Elaborés pour améliorer à grande échelle la santé humaine, les alicaments conduisent à augmenter la confusion du consommateur face à son alimentation.
 

Conclusion

 
Le recours aux aliments préconisés comme meilleurs pour l'organisme ne risque-t-il pas de négliger une alimentation saine qui passe avant tout par une nourriture équilibrée, fournissant à elle seule tous les éléments et nutriments indispensables.
                                                                    
     

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